Lexique du poker de tournoi : 30 termes expliqués avec un exemple
Mis à jour le · publié le · par Nicolas Dumortier, co-fondateur de Parcours Poker
Ce lexique du poker de tournoi réunit les 30 mots qu'on croise le plus en MTT, de la bulle au deal, en passant par l'ICM, les primes des PKO et le jeu préflop et flop. Chaque terme a sa section et son lien à partager : une définition — celle du lexique de l'app Parcours Poker, mot pour mot, quand elle existe — puis un exemple de tournoi chiffré. Les mots anglais sont ceux qu'on dit vraiment à la table : 3-bet, c-bet, range, stack, short.
Bulle
Le moment où la prochaine élimination ne touche rien et où tous les autres sont payés. Le sommet de la pression — pour ceux qui peuvent sauter.
En tournoi : à stacks égaux, la bulle ne change presque rien à ta range. Ce qui compte, c'est qui te couvre. Quand toute la table te couvre, ta range de call est à peu près divisée par deux ; quand tu couvres la table, tu peux ouvrir beaucoup plus large, parce que personne ne peut te payer sans risquer sa place. Juste après la bulle, la pression retombe. Le détail : l'ICM à la bulle.
ICM
Le modèle qui convertit les stacks en équité (ta part espérée du prize pool). Il explique pourquoi un jeton gagné vaut moins qu'un jeton perdu.
Exemple de table finale : cinq joueurs, quatre places payées (40, 28, 19 et 13 % du prize pool), stacks de 60, 25, 25, 25 et 15 blindes. Le gros stack a 40 % des jetons mais ne vaut que 28,72 % du prize pool ; le short a 10 % des jetons et vaut 13,50 %, parce qu'il touche déjà la quatrième place s'il survit. Le calcul complet est dans notre guide de l'ICM au poker.
Risk premium
Les % d'équité qu'il te faut en plus de la cote en jetons pour jouer un duel. Il se calcule par duel : tu en as un par adversaire.
Même table finale que ci-dessus, un call de 5 blindes pour un pot de 10 : en jetons, il faut 33,3 % d'équité. Un stack moyen qui call le gros en demande 56,9 %, soit +23,6 points ; le gros qui call le short, seulement +3,4. Dans le Calculateur de Risk Premium de l'app, une case dit par exemple : « BB subit l'ICM face à HJ. Il lui faut 13,8 % d'équité de plus que le prix du pot ». En heads-up, le risk premium retombe à 0.
PKO (progressive knockout)
La prime sur la tête d'un joueur, gagnée par celui qui l'élimine. En PKO et Space KO, la moitié est encaissée, l'autre moitié grossit ton propre bounty.
Exemple : un PKO à 10 € partage le buy-in en 4,50 € de prize pool, 4,50 € de prime et 1 € de rake. Éliminer un joueur dont la prime vaut 5 € t'en rapporte 2,50 €, soit 5 556 jetons avec 20 000 jetons de départ. Cette valeur s'ajoute au pot dans ton calcul de cote — mais seulement si tu couvres le joueur. Tout le raisonnement : jouer les primes en PKO.
Mystery KO
Un tournoi à primes où la valeur de chaque prime est tirée au hasard au moment de l'élimination. Le lexique de l'app en donne les deux clés : l'ITM, « In the money : les places payées. En Mystery KO, les primes ne sont distribuées qu'à partir de là. », et la prime moyenne, « En Space et Mystery, la base de calcul : ce que tu peux espérer tirer en moyenne. »
En tournoi : deux tiers du buy-in vont au prize pool, un tiers aux primes, encaissées à 100 %. Juste après la bulle, une prime pèse très lourd (dans un 20 € à 100 joueurs, une prime de 40 € vaut 44 440 jetons). Stratégie complète : le Mystery KO.
Token (Space KO)
Le bounty d'un joueur en Space KO : 14 niveaux, avec une prime min / moyenne / max.
Au Space KO Winamax, le buy-in se partage en 40 % de prize pool, 50 % de primes et 10 % de rake. Chaque token démarre au niveau 1, qui vaut en moyenne la moitié du buy-in : sur 10 €, Min 2 €, Moy 5 €, Max 500 €. Le tirage multiplie la moyenne au hasard, et dans 60 % des cas il tombe sur le minimum (x0,4). Le token vaut sa moyenne, pas son maximum. Tableau des probabilités : les règles du Space KO.
BvB (blind vs blind)
Blind vs Blind : situation où seules la Small Blind et la Big Blind sont dans le coup après que tous les autres joueurs ont fold.
En tournoi, c'est un spot à part, avec ses propres tailles au flop. Le grid deep, c'est B33 et B75 ; le grid mid, B25 et B66. La petite taille est la mise par défaut de presque tout le jeu au flop en BvB. Et le pot limpé (la SB complète, la BB check) est, selon le chapitre, le pot le plus mal joué du BvB. L'app y consacre deux chapitres : BVB jeu préflop et BVB jeu au flop.
3-bet
Troisième mise préflop : la blind est la 1ère mise, l'open la 2ème, le 3-bet est donc le raise sur l'open.
En tournoi deep, la taille est fixe : 3,5 fois l'open quand tu joueras le flop IP, 4 fois quand tu le joueras OOP, quelle que soit ta main. Plus l'open vient tard, plus tu 3-bet : depuis la SB, environ 8 % des mains face à un open UTG et 16 % face au BTN. Quand le stack devient short, le 3-bet devient un all-in. Exemples et chiffres : 3-bet, c-bet et check-raise.
4-bet
Raise sur un 3-bet. C'est la 4ème mise préflop.
En tournoi deep, face au 3-bet, tu as quatre réponses : fold, call, 4-bet size (un raise qui ne met pas tout le stack) ou jam. Le 4-bet reste rare : environ 6 % face aux blindes et 17 % face au BTN ; le call est la réponse la plus fréquente. Les bluffs de 4-bet se choisissent avec des bloqueurs : en deep, K9s et KTs, qui retirent le Roi des KK et des AK adverses. Le chapitre Face au 3-bet le travaille spot par spot.
Squeeze
3-bet après un open + un ou plusieurs flat. Particulièrement profitable car il y a déjà beaucoup de dead money dans le pot.
Exemple de tournoi : le CO ouvre à 2,5 blindes, le BTN call, et tu es en BB. Avant ta décision, le pot contient déjà 6,5 blindes, antes non comptées : l'open, le call et les deux blindes. Ton 3-bet attaque deux joueurs à la fois, dont un (le BTN) qui a montré une range qui n'a pas voulu 3-bet. Le support Library « Les profondeurs de stack » lui consacre une partie à chaque profondeur.
C-bet (continuation bet)
Miser au flop après avoir été l'agresseur préflop.
Pas automatiquement : la décision dépend du flop. Exemple, UTG contre la BB à 100 blindes, sur l'ensemble des flops : check environ 25 % du temps, bet small (un tiers du pot) environ 43 %, bet big (75 % du pot) environ 32 %. Sur un flop sec à carte haute comme K♠7♦2♣, on mise souvent petit avec toute la range : la BB le touche rarement. En mid, les tailles passent à 25 et 66 % du pot. Tout est dans le guide du c-bet.
Check-raise (X/R)
Check puis raise la mise de l'adversaire dans la même street.
En MTT, c'est surtout l'arme de la BB contre le c-bet de l'ouvreur. Elle est rare en deep et grandit quand le stack baisse : face à un bet small, la BB check-raise 13,7 % du temps à 100 bb, 18,6 % à 40 bb, 20,6 % à 20 bb. La taille : 2,5 à 3 fois la mise adverse, et all-in quand il reste moins de trois fois le pot derrière. Le chapitre X/R de l'app en fait le tour.
Donk bet
Miser en premier alors qu'on n'était pas l'agresseur préflop.
En tournoi, depuis la BB, la base est de check : moins de 4 % de donk au total. Il apparaît quand l'ouvreur est tardif et que le stack devient short : contre le BTN, 9 % des flops à 100 blindes, 35 % à 12 blindes, surtout sur des flops à cartes hautes sans as, souvent paired. La taille est petite : un tiers du pot en deep, un quart en mid et en short. Le chapitre Donk bet de l'app y est consacré.
Range
L'ensemble des mains qu'un joueur peut avoir dans une situation donnée.
En tournoi, une range dépend surtout de ta position et de ton stack. À 100 blindes, UTG ouvre environ 23 % de ses mains, le BTN environ 56 % : deux ranges très différentes pour la même action. On raisonne donc toujours main contre range, jamais main contre main : « il a sûrement AK » est une erreur, « sa range d'open BTN contient beaucoup d'as faibles » est une lecture. Comment elles se construisent : les ranges au poker de tournoi.
Équité
Probabilité de gagner le pot avec ta main contre la range adverse. En tournoi, l'app parle aussi d'équité en euros : « Ta part espérée du prize pool si le tournoi se figeait maintenant. C'est elle que tu protèges, pas ton stack. »
Exemple face à un all-in : contre un joueur qui jam environ 22 % de ses mains, AJo a à peu près 54 % d'équité, 77 52 %, A5s 44 %, QTo 37 %. Une paire moyenne est souvent un meilleur call qu'un as moyen suited. C'est cette équité qu'on compare ensuite à la cote du pot.
Cote du pot
Le pourcentage d'équité qu'il te faut pour qu'un call soit rentable : à call ÷ (pot + à call). Le lexique de l'app la décrit aussi sous son nom anglais, les pot odds : « Le ratio entre le montant à call et la taille du pot. Permet de savoir si un call est mathématiquement correct. »
Exemple de tournoi : il te faut payer 13 blindes pour un pot final de 29. Cote : 13 ÷ 29 = 44,8 % d'équité requise. En PKO, si tu couvres le joueur et que sa prime vaut 12,5 blindes, elle entre dans le pot : 13 ÷ 41,5 = 31,3 %.
Cote implicite
Cotes implicites : rapport entre la mise à call maintenant et les gains futurs espérés si on touche sa main aux streets suivantes.
En tournoi, elles dépendent du stack qui reste derrière. En deep, call un 3-bet avec une petite paire pour toucher un set se justifie par ce que l'on gagnera ensuite. Quand le stack devient short, ces gains futurs disparaissent : c'est alors l'équité brute qui décide, « L'équité de ta main contre la range adverse, sans rien y ajouter : ni cotes implicites, ni edge postflop, ni jouabilité ».
Fold equity
La part d'EV qu'on gagne grâce au fait que l'adversaire peut fold.
En tournoi, elle dépend de ce que l'adversaire risque. Un all-in rapporte souvent plus par les folds qu'il provoque que par les fois où il est payé. Mais en PKO, quand tu es couvert, ta prime attire les calls : ta fold equity fond, et le chapitre KO conseille alors de jouer plus serré et de jam tes mains premium, qui seront payées large. À l'inverse, à la bulle, celui qui couvre la table a une fold equity énorme.
Open
Premier raise préflop. C'est le joueur qui décide d'entrer dans le coup par un raise.
En tournoi, l'app enseigne une taille d'open unique, 2,5 blindes en deep, quelle que soit la position : varier selon ta main, c'est la montrer. En mid, cette taille descend progressivement vers 2 blindes ; en short, l'open-jam apparaît, d'abord au BTN puis dans les positions plus tôt. La largeur, elle, dépend de la position : environ 23 % UTG, 56 % au BTN à 100 blindes.
Limp
Le joueur entre dans le coup sans raise, juste en complétant la big blind.
En MTT, la règle de l'app est simple : zéro limp en deep quand tu es premier à parler, sauf en BvB. En BvB, la SB limp « avec des mains spéculatives (petites paires, suited connectors faibles) », et en PKO la SB couverte limp presque tout quand les stacks sont short. Face à un limp, la BB a le choix entre check et un raise d'isolation.
Iso (raise d'isolation)
Raise pour isoler un joueur, souvent un limpeur.
Exemple de tournoi : en BvB, la SB limp et la BB doit choisir. Si elle check, on joue un pot limpé, sans initiative pour personne ; si elle raise, c'est un iso : elle prend l'initiative et l'avantage de jouer IP au flop. En table pleine, le même geste sert à jouer seul contre un joueur qui limp devant toi, plutôt que de laisser entrer les blindes à bas prix.
Steal
Raise en fin de parole pour voler les blinds.
En tournoi, les blindes et les antes font du pot de départ une cible qui vaut la peine. C'est pourquoi le BTN ouvre environ 56 % de ses mains à 100 blindes, contre 23 % UTG. En PKO, la couverture change tout : au BTN, on ouvre environ 60 % des mains quand on couvre les blindes, contre 30 % quand on est couvert, parce qu'un call des blindes peut nous éliminer et emporter notre prime.
Resteal
3-bet (ou jam) depuis les blinds vs un joueur qui tente de voler les blinds depuis CO ou BTN. Dans le chapitre KO, l'app le précise : « Faire all-in sur un raise de vol pour prendre le pot ou jouer pour le bounty du raiser. »
Exemple de tournoi : le BTN ouvre large, tu es en BB avec un stack short. Le jam direct vaut mieux qu'un 3-bet qui ne met pas tout : tu maximises ta fold equity et tu évites de jouer le flop OOP. En PKO, si tu couvres l'ouvreur, sa prime s'ajoute à ce que tu gagnes quand il paie et perd.
Short, mid, deep
Les trois profondeurs de stack, toujours mesurées en blindes. L'app les borne ainsi : deep au-dessus de 50 blindes (les ranges sont stables de 60 à 100), mid de 25 à 50, short à 20 et moins. Le stack en blindes, c'est « Ton stack divisé par la big blind. C'est la seule mesure qui parle : « 3 000 jetons » ne dit rien, « 30 BB » dit tout. »
En tournoi, tu traverses les trois : les blindes montent, ton stack fond. En deep on ouvre à 2,5 blindes sans limp, en mid c'est le BTN qui resserre le plus, et en short l'open-jam apparaît. Les ranges MTT de l'app sont rangées par profondeur.
Ante
Mise obligatoire posée par tous les joueurs (ou par la BB seule en ante progressif) avant la distribution.
En tournoi, l'ante grossit le pot de départ : il y a plus à voler avant même le premier raise. Exemple : au Trident Winamax, on part avec 500 jetons à 10/20 ante 3, soit 25 blindes. Et à la table, les antes s'ajoutent à la cote : c'est de l'argent mort que personne ne défend.
BB ante
Une façon de prélever l'ante : au lieu que chaque joueur pose la sienne, la big blind paie seule l'ante de toute la table. Le pot de départ est le même pour tous, mais un seul joueur le finance, à tour de rôle.
Exemple de calcul : si le BB ante vaut une blinde, le pot contient 2,5 blindes avant toute action (0,5 de SB, 1 de BB, 1 d'ante). Quand tu es en BB, tu as donc engagé deux blindes avant de voir tes cartes. Pour ta cote, rien ne change : ce qui compte, c'est le pot réel, pas qui l'a payé.
Payout (structure des gains)
La répartition du prize pool entre les places. C'est elle, avec les stacks, qui fabrique bubble factors et risk premiums. Chaque marche s'appelle un palier : « Une marche de la structure des gains. Rapprochés en table finale, ils font le prix de chaque duel. »
En tournoi, environ un joueur sur huit est payé, et l'essentiel du prize pool va à la table finale. La plus petite place payée est le min-cash. Exemple de structure à quatre places payées : 40, 28, 19 et 13 % du prize pool. Plus les marches sont hautes, plus chaque élimination pèse dans tes décisions.
Table finale
La dernière table d'un tournoi, celle où se jouent les plus gros paliers de la structure des gains. Les marches y sont rapprochées et hautes : chaque élimination fait monter tous les survivants.
En tournoi, la pression ICM change de propriétaire. La bulle écrasait le short ; la table finale fait subir les stacks moyens, et le gros stack attaque. Dans le Calculateur de Risk Premium de l'app, à six joueurs de 40 blindes, le risk premium tourne autour de +13 points en table finale, contre +11 à la bulle d'un gros tournoi. Pour aller plus loin : l'ICM à la bulle et en table finale.
Deal
Un accord entre les joueurs restants pour partager le prize pool autrement que la structure des gains, au lieu de jouer chaque place jusqu'au bout. Il se négocie quand la salle le permet, et une part est parfois laissée en jeu pour le vainqueur.
Deux méthodes reviennent : le partage au prorata des jetons (chip chop) et le partage selon l'équité ICM de chacun. Elles ne donnent pas la même chose : dans l'exemple de table finale de l'ICM, le gros stack a 40 % des jetons mais ne vaut que 28,72 % du prize pool. Un partage aux jetons le favorise, l'ICM protège les petits stacks.
Trident
Tournoi Winamax joué à trois par table (BTN, SB, BB), départ à 25 bb, en PKO : la moitié du buy-in part en primes.
Exemple : sur 10 €, 4 € de prize pool, 5 € de prime et 1 € de rake, 500 jetons à 10/20 ante 3. À trois, tout change : le BTN est le premier à parler et ouvre environ 40 % de ses mains à 25 bb, bien plus qu'à une table pleine. Les ranges 3-max de l'app viennent de GTO Wizard (MTT à 3, chips EV), et le chapitre Tridents les travaille. Le format en détail : le Trident 3-max.
Questions fréquentes
Que veut dire ICM au poker ?
Independent Chip Model : le modèle qui convertit les stacks en part espérée du prize pool. Il explique pourquoi, en tournoi, un jeton gagné vaut moins qu'un jeton perdu, et pourquoi il faut plus d'équité pour call un all-in près de la bulle ou en table finale.
C'est quoi la bulle dans un tournoi de poker ?
Le moment où la prochaine élimination ne touche rien et où tous les autres sont payés. C'est le sommet de la pression ICM, surtout pour les joueurs couverts par le reste de la table.
Quelle différence entre PKO, Mystery KO et Space KO ?
En PKO, tu encaisses la moitié de la prime de chaque joueur éliminé, l'autre moitié grossit la tienne. En Mystery KO, les primes sont tirées au hasard et ne se distribuent qu'une fois dans l'argent. En Space KO Winamax, chaque prime est un token dont la valeur tirée est multipliée au hasard : on calcule toujours sur sa moyenne. Voir les règles du Space KO.
Short, mid, deep : à combien de blindes ?
Dans Parcours Poker : deep au-dessus de 50 blindes, mid de 25 à 50, short à 20 et moins. Ce sont des repères de profondeur pour ranger les ranges, pas des seuils magiques : la décision se prend toujours avec la cote, l'équité et la range adverse.
Où retrouver ce lexique dans l'app Parcours Poker ?
Dans la Library, rubrique Lexique, accessible en offre Basique (gratuite). Les termes sont rangés par chapitre, et le réglage Auto-définition des termes affiche une définition d'un simple toucher pendant les cours.