3-bet, c-bet, check-raise : définitions et quand les faire
Par Nicolas Dumortier, co-fondateur de Parcours Poker · mis à jour le
Le 3-bet est le raise sur un open, avant le flop : la blinde compte comme 1re mise, l'open comme 2e, le 3-bet est la 3e. Le c-bet (continuation bet) est la mise au flop de celui qui a été agressif préflop. Le check-raise consiste à checker, puis raise quand l'adversaire mise. En tournoi à 100 blindes : 3-bet à 3,5 fois l'open IP (4 fois OOP), c-bet souvent petit (un tiers du pot), check-raise rare (4 à 14 % du temps).
C'est quoi un 3-bet, et quand le faire ?
Un 3-bet, c'est un raise sur un open. Le nom vient du compte des mises préflop : la grosse blinde est la première, l'open la deuxième, le 3-bet la troisième. Un raise sur un 3-bet est un 4-bet ; s'il ne met pas tout le stack, on parle de 4-bet size, sinon de jam. Et un 3-bet fait après un open et un ou plusieurs calls s'appelle un squeeze, rentable parce que le pot contient déjà beaucoup d'argent mort.
Les tailles : 3,5 fois l'open quand tu joueras le flop IP, 4 fois quand tu le joueras OOP. Toujours la même, quelle que soit ta main.
Quand 3-bet ? Plus l'open vient tard, plus il est large, plus tu 3-bet. Depuis la SB, on 3-bet environ 8 % de ses mains face à un open UTG et 16 % face au bouton. Ta range de 3-bet mélange des mains de value (paires hautes, AK, AQ) et des mains qui jouent bien quand on les paie ou qui bloquent les as adverses, comme A5s et A4s.
Et quand on te 3-bet ? En deep, tu call le plus souvent (39 à 46 % des cas) et tu 4-bet peu (6 % face aux blindes, 17 % face au bouton). Sous 30 blindes, le 3-bet devient un all-in et il ne reste que fold ou call. Les ranges complètes sont dans les ranges au poker de tournoi.
C'est quoi un c-bet, et quand le faire ?
Le c-bet, c'est « continuer » ton agressivité : tu as ouvert (ou 3-bet) préflop, tu mises au flop. Pas automatiquement : la bonne décision dépend du flop, et on le lit avec quatre questions — sa couleur, sa hauteur, sa connectivité, et s'il est paired.
Exemple réel — UTG contre la BB, 100 blindes
Sur l'ensemble des flops, la stratégie cible : check environ 25 % du temps, bet small (33 % du pot) environ 43 %, bet big (75 % du pot) environ 32 %. Sur les flops secs à carte haute (du type K♠7♦2♣), la stratégie est souvent de miser petit avec toute la range : la BB touche rarement ce genre de flop. Sur les flops bas et connectés, qui touchent sa range, on checke davantage.
- Depuis le bouton, la range est plus large (56 % contre 23 % UTG) : la stratégie « check ou bet small » devient la plus fréquente, sur plus de la moitié des flops, et le check monte vers 29 %.
- En mid (40 blindes environ), les tailles passent à 25 % et 66 % du pot, et l'overbet disparaît.
- Contre la SB, qui défend beaucoup plus serré que la BB, on checke bien plus : 40 à 50 % du temps.
Combien de bluffs ? La formule du chapitre Structure de range : bluffs = B ÷ (P + 2B), où B est la mise et P le pot. Un c-bet à 33 % du pot supporte environ 20 % de bluffs ; un overbet à 150 %, environ 37 %.
En pot 3-bet, tout se resserre : le rapport stack sur pot tombe vers 4 ou 5 (contre environ 15 en pot simple), on mise 81 % des flops IP en deep, avec seulement trois tailles (25, 50, 75 % du pot) et jamais d'overbet. À 40 blindes, tout devient bet small.
C'est quoi un check-raise, et quand le faire ?
Tu checkes, ton adversaire mise, tu raise. C'est l'arme de celui qui parle en premier : il combine la protection d'une main forte et la pression d'un bluff. En MTT, c'est surtout la BB qui l'utilise contre le c-bet de l'ouvreur.
- C'est rare : 4 à 14 % du temps à 100 blindes.
- C'est la taille de la mise adverse qui décide, pas ta position : environ 12 % de check-raise face à un bet small, 6 % face à un bet big.
- Le stack le double : face à un bet small, 12 % à 100 blindes, 17 % à 40, 21 % à 20. La bascule se fait autour de 40 blindes.
- La taille : 2,5 à 3 fois la mise adverse, et all-in quand il reste moins de trois fois le pot derrière. Une taille unique protège ta range.
Exemple réel — la BB face au c-bet, 100 blindes
Face à un bet small, la BB fold 39 %, call 47 %, check-raise 14 %. Face à un bet big : fold 65 %, call 29 %, check-raise 6 %. Et celui qui a misé petit puis subi le check-raise fold 25 à 30 % du temps et call 57 à 68 %.
Et le donk bet ?
Le donk bet, c'est miser en premier au flop alors que c'est l'adversaire qui avait l'initiative préflop. En tournoi, la règle est simple : depuis la BB, on checke (moins de 4 % de donk), et en deep aussi. Le donk apparaît quand l'ouvreur est tardif et le stack short (contre le bouton, 9 % à 100 blindes, 35 % à 12 blindes), sur des flops à cartes hautes sans as, surtout paired. Taille : un tiers du pot en deep, un quart en mid et en short.
Questions fréquentes
C'est quoi un 3-bet, un c-bet et un check-raise ?
Le 3-bet est le raise sur un open avant le flop (troisième mise, la blinde comptant comme la première). Le c-bet est la mise au flop de celui qui a été agressif préflop. Le check-raise consiste à checker puis raise la mise de l'adversaire dans la même street.
Quelle taille de c-bet en tournoi ?
À 100 blindes, un tiers du pot pour les c-bets fréquents et trois quarts du pot pour les flops qui demandent de la pression ; vers 40 blindes, un quart et deux tiers du pot, sans overbet. En pot 3-bet, 25, 50 ou 75 % du pot, jamais d'overbet.
C'est quoi un 4-bet au poker ?
Un raise sur un 3-bet, soit la quatrième mise préflop. Il peut être « size » (on garde des jetons derrière) ou all-in. En tournoi deep, on 4-bet peu : environ 6 % face aux blindes et 17 % face au bouton, avec A5s et A4s comme bluffs.
Quelle différence entre un 3-bet et un squeeze ?
Un squeeze est un 3-bet fait après un open et au moins un call. Il est plus gros (environ 4,5 à 5 fois l'open) et plus rentable, parce que le pot contient déjà les mises de deux joueurs qui ont rarement une main très forte.
Faut-il faire un c-bet à chaque flop ?
Non. Même UTG contre la BB, la théorie checke environ un flop sur quatre, et bien plus contre la SB (40 à 50 %). On mise souvent petit sur les flops secs à carte haute, et on checke davantage les flops bas et connectés, qui touchent la range adverse.